Blind Willie Mac Tell

J’écoute cette musique de Memphis, la lumière, la rage et l’abandon qui la traversent, la beauté des basses qui marchent de lueur en lueur, la voix de Dylan qui toujours se refuse à retomber. J’écoute les syllabes qui sortent de sa bouche nerveuse, la précision aléatoire des aiguës, les échecs miraculeux et je me sens bien, incroyablement bien. Tout est là. Il est une colonne d’air, disait de lui Ginsberg. Sa voix d’elfe est d’une mobilité surprenante, une voix qui ne se refuse aucune aspérité et dont on ne se lasse pas. Elle plane et rebondie comme la guitare d’Hendrix. C’est aussi beau et puissant parce que c’est bancal. Ça s’échappe, ça frissonne dans le dos. Les couleurs, le feu, la glace dans l’espace suspendu du salon. Éblouissement immédiat. Le fantôme de Blind Willie Mac Tell annule le temps. Connaissance simultanée des épines et du satori. C’est décidé, ce Blues du Delta sera mon talisman.

J’ai vu Dylan trois fois sur la scène du Zénith. Deux fois de face, une fois de profil. La première fois, j’ai eu l’impression qu’il n’arrêtait pas de me regarder. Par instants, je retrouvai dans son visage les expressions de l’époque où il se faisait androgyne pour être au plus près de la musique.

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2 commentaires

  1. Dominique Hasselmann · janvier 30, 2013

    Tous mes vinyles dans un placard… mais la voix de Dylan dans la tête souvent !

  2. gednel · janvier 30, 2013

    Oui, et des chansons belles à nous foutre la frousse.

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