Éveil

L’halogène est éteinte. Je retire mes chaussures pour ne pas les faire fuir. J’allume la petite lampe de bureau à l’abat jour orange. Me cache pour écrire dans l’orange. À la recherche du cœur sans cesse fuyant du réel, j’ai besoin de la pénombre pour me sentir bien, comme ces monstres obligés de se soustraire au regard des hommes pour pouvoir respirer. L’épaisseur de la nuit me protège. C’est mon abri contre la tempête. Assis à ma table d’écriture, j’ai le sentiment d’être à ma juste place dans le monde. Mes crocs s’aiguisent dans l’antre de l’écriture. Je vois mes différences croissantes baignées de lumière orangée. Elles me protègent du gris mat des jours sans sommeil. Les signes d’alerte attendent discrètement d’être dévoilés. Je suis disponible à chaque seconde qui s’ouvre. Cet état m’évoque la chasse sous-marine dite à l’agachon : le plongeur se met à l’affût au fond de l’eau accroché à un rocher, et il attend en bougeant le moins possible que le poisson s’approche de lui-même du fusil. Une petite musique infinie me tourne dans les oreilles. La parole s’éveille dans la chaleur orange. J’attends que vienne l’autre lumière.

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