Au Bal Perdu

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Sarah et Léo prennent un café au Bal Perdu, à l’ombre des Mercuriales. Ils se remettent de leur déménagement. Ils sont finalement passés de l’autre côté, du côté des grands ensembles, des cités, des quartiers, des zones urbaines sensibles comme ils disent. La pression immobilière les a fait s’installer dans une tour à Bagnolet, dans les zones prétendues inhabitables à la bordure du périphérique. Ces zones qu’on appelait la Zone au XIXème siècle, et qui désignait la zone militaire fortifiée entourant Paris. Georges Duhamel l’appelait aussi le grand camp de la misère. Il était interdit d’y construire quoi que ce soit. Aujourd’hui encore, l’endroit n’est pas très attractif, mais le vide et la désolation du quartier correspondent bien à l’état d’âme de Sarah et de Léo. Attablés au Bal Perdu, ils regardent les Chinois à la mine épuisée descendre des hauteurs de Bagnolet avec leurs charriots pleins à craquer de claviers d’ordinateurs, d’appareils photos, de chaussures et autres objets récupérés dans les bennes à ordures des beaux quartiers, pour aller les vendre porte de Montreuil, sur le marché à la sauvette au-dessus du périph.

Photo : Girfs, Paris

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